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  • Bessancourt a perdu un de ses enfants, Bruno Lhôte notre ami est décédé la semaine dernière.

    Notre ami Bruno est parti, ce printemps.

    Beaucoup de qualificatifs nous viennent immédiatement, courage, gentillesse, implication…

    J’ai discuté avec lui, il y a trois semaines, au lendemain du conseil municipal durant lequel j’avais beaucoup pensé à lui.

    Nous avions alors échangé sur la maladie, sa colère d’être coincé dans sa chambre  quand il ne souhaitait qu’une chose s’occuper des siens.  Sa joie de pouvoir rentrer chez lui ne serait-ce qu’un week end.

    Le corps était faible, mais l’esprit là, et nous n’avions pas tardé à évoquer la vie municipale, la politique locale, sa ville, Bessancourt à laquelle il était si attaché.

     

    Nos enfants ont été scolarisés à l’école Lamartine en 1998. C’est à cette date que j’ai connu Bruno. Grande silhouette à la sortie de l’école.  Mon épouse Paula et lui ont milité près de dix ans  en tant que représentant des parents d’élèves FCPE à l’école Lamartine puis  au collège Maubuisson. Bruno était de toutes les réunions, soutenant les initiatives, organisant kermesses et fêtes des écoles. Soucieux de rapprocher les deux groupes scolaires, il avait contribué avec les parents d’élèves à l’organisation des foulées des écoles.

    Bruno était de ces personnes qui souhaitaient une relation apaisée dans son quartier, dans sa ville. Il fut au côté des jeunes élus que nous étions en 2001 pour soutenir nos initiatives en ce sens. Toujours avec humilité, avec discrétion. De 2001 à 2008, il avait aidé à monter nombres d’actions et notamment avait ouvert malgré le pessimisme ambiant et l’individualisme de notre époque, la première ligne de pédibus. Il embarquait derrière lui les enfants pour aller à l’école, à pied, en toute sécurité.

    C’était quelqu’un qui comptait, à la sortie de l’école, le samedi midi, pour encourager, soutenir. Nous échangions beaucoup sur nos enfants. Leur avenir, l’exigence scolaire, l’accès au savoir. Sandrine et lui sont des parents impliqués.

     En 2006 Il avait soutenu le projet d’ouvrage sur son quartier. Bruno avait témoigné dans ce livre « Brosses et Malais quartier sensible ». Il tenait à encourager l’idée selon laquelle le quartier était surtout sensible de part l’affection que lui portait la grande majorité de ses habitants. Son portrait qui illustre son témoignage dans ce livre, et surtout cette photo, entouré d’enfants se rendant à l’école, évoquent cette homme calme, posé, fiable.

    Je me souviens d' une soirée en 2007, à mon domicile. Plusieurs membres de la FCPE s’étaient réunis pour préparer les conseils d’école. A la fin de la réunion je lui avais demandé s’il souhaitait figurer sur notre liste aux élections municipales. Il en avait à la fois très envie mais s’inquiétait de ce qu’il pourrait apporter.

    Voilà comment était Bruno, humble.

    Nous avons eu l’honneur de le compter parmi les conseillers municipaux de notre ville.

    Il a représenté Bessancourt au Syndicat des Eaux d’Ile de France en qualité de délégué. Il y a soutenu l’idée de la régie publique  contre la privatisation du service de  l’eau.

    Au sein du groupe « une nouvelle dynamique pour Bessancourt », discret mais très présent et impliqué tant qu’il l’a pu,  détestant la polémique, il a été toujours été soucieux de poser la question du logement, de l’accès à tous à un domicile. Il a été élu  au conseil communal de l’action sociale de notre commune.

    Lors de notre dernier entretien, il m’avait dit qu’il souhaitait rejoindre le pole aménagement du territoire. Il souhaitait suivre les travaux, les chantiers qui vont s’ouvrir sur la commune. A la fin de l’entretien, fatigué, (il avait tenu à s’entretenir avec moi assis et non allongé), il m’avait dit qu’il fallait soutenir les bessancourtois les plus affectés par la crise. Et continuer à s’occuper des enfants.

    Bien évidemment nombre de choses manquent dans ce portait. Il y eut d’autres  actions, d’autres soutiens. Mais je souhaitais que l’on puisse se souvenir de son engagement. Engagement désintéressé. .Il était natif de Bessancourt, sans que chez lui cela ne génère le moindre rejet des habitants arrivés dans notre ville plus récemment.

    Bessancourt a eu beaucoup de chance de le compter parmi ses enfants.

    Dans un  passage du livre « Brosses et Malais, quartier sensible ? »*  Bruno évoque sa vie, son fils, son quartier.

    « Je suis bessancourtois de naissance. J’ai vu les brosses se construire et j’y habite depuis 1980. C’est un quartier chouette, on a des échanges entre voisins. Par exemple mon fils, Jérémy, a été en nourrice chez une voisine algérienne, eh bien aujourd’hui, dix ans après, quand elle fait du couscous il y en a toujours une part pour lui. De la même façon, quand les enfants jouent dehors on sait qu’ils sont en sécurité, toujours sous l’œil d’un voisin. »

     Bruno fut de ceux qui ont partagé le militantisme de beaucoup d’entre nous. Le Conseil Municipal dans son ensemble, les services de la ville, tous ceux qui ont agis à ses côtés, se souviendront de son sourire, de son rire, de sa silhouette rassurante.

    Vous savez, on ne devient  pas un type comme Bruno comme cela, seul. Il y a la famille. Il y a Jérémy. Il y a la douceur le courage de Sandrine.

    Les élus du groupe une nouvelle dynamique, ses amis  sont de toutes nos forces à leurs  côtés.

     

    Jean-Christophe Poulet

    Bessancourt, le 27 Avril 2010

     

    * "Brosses et malais quartier sensible?" Luc Blanchard, éditions studio graph, www.studiograph.net

     

     

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