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économie, solidarité et développement durable

  • La relation schizophrénique qu'entretient notre pays avec le cannabis.

    Je ne crois pas aux effets de la dépénalisation de l'usage du cannabis .  Je ne comprends pas non plus  les militants béats de la légalisation pure et simple, au nom d'un hédonisme élitiste oubliant les effets démontrés de cette drogue sur les fonctions cognitives en cas d'usage précoce. 

    Pour autant, comme beaucoup de professionnels de santé, d'éducateurs, d'élus,  j'ai conscience de l'échec devant lequel nous nous trouvons et qui se résume par une phrase:  notre pays a à la fois la politique la plus répressive et le nombre de consommateur le plus élevé d'Europe. 

    Le rapport de TERRA NOVA, mis en valeur par un article du Monde du samedi 20 décembre, réalisé par trois économistes,  a l'avantage de traiter de façon originale la relation  schizophrénique qu'entretient notre pays avec le cannabis. 

    Trois scénarios sont étudiés pour tenter de sortir de l'impasse.

    La dépénalisation de l'usage pour les usages à des fins personnels. Si cela engendre des économies concernant les moyens répressifs et judiciaires, sans accompagnement sérieux de la mesure, on en reste à une hypocrisie. Ce n'est pas autorisé, mais ce n'est pas puni. Les trafics continuent d'exister, la criminalité qui en découle aussi. Bref, on en revient à interdire la vente mais pas l'usage. C'est politiquement correct et acceptable pour une partie de la classe politique mais c'est  insatisfaisant.

    Deuxième scénarios, la légalisation de la production , de la vente, et de l'usage dans la cadre d'un monopole public. La réglementation publique de la vente permettait de mettre fin au trafic et limiterait le marché noir. Dans un même temps cela permettrait de mettre en place une vraie politique sanitaire. et mettre fin à une hypocrisie.

    Le troisième scénario, je ne le développerai pas, je n'y crois pas. ce scénario  qui consisterait légaliser la vente de cannabis dans un cadre concurrentiel me parait trop banaliser le cannabis comme un produit classique. Hors il ne l'est pas. Il a des effets nocifs sur la santé.

    Le deuxième scénario a  l'avantage économique de rapporter des recettes (celles de la vente) au gouvernement. A l'Etat de s'en servir pour combattre le fléaux de l'addiction en général ( cigarette, alcool, cannabis, drogues dites dures...).  Cet argent aujourd’hui aux mains de délinquants, illégal, qui alimente d'autres trafics, les réseaux, la criminalité, en devenant légal pourrait servir aux campagnes de prévention contre la toxicomanie, à une politique concrète de respect de son corps, à une explication de ce qui l'abîme. Je passe (mais lisez la c'est très intéressant) la démonstration sur le prix suffisamment bas qu'il faudrait fixer pour tuer le marché noir et suffisamment haut pour ne pas le banaliser...

    ces scénarios rapporteraient de l'argent à l'état selon l'étude. Il faudrait  que cet argent soit réinvestit sur la lutte contre toutes les addictions par des politiques éducatives efficaces et volontaristes. Car il s'agirait paradoxalement de limiter l'usage du cannabis....En organisant sa vente...Le problème n'est donc pas simple sur le plan moral. une expérience existe à grande échelle dans le Colorado ( décrite dans ce même article du Monde) qui a réglementé la vente de la marijuana et celle de l'alcool. La criminalité a baissé, l'Etat encaissé 700 millions de dollars, 13 000 emplois ont été crées. Mais l’expérience a aussi ces points noirs avec des conséquences sanitaires pas suffisamment pris en compte (les produits dérivés sous forme de bonbons ,gâteaux..), et aussi l'appel d'air dénoncé par d'autres états voisins.

    on peut d'ailleurs s’interroger sur le bon échelon d’intervention, la France ? l'Europe?

    La démarche proposée est donc ardue, risquée politiquement.

    Pour autant, le trafic de cannabis pourrit nos relations aux jeunes, pourrit les quartiers. N'est-il pas temps de trouver de vraies solutions ?

    Un contre-argument est de dire que ce trafic serait remplacé par un autre. Mais tous les trafics existent déjà. Et il faut les combattre en les distinguant justement du trafic  de cannabis  auquel souvent ils sont liés.  Si celui du cannabis prospère le plus , c'est qu'il génère beaucoup de marge, de  liquidité, qu'il est facile à organiser, que le cannabis se produit facilement, et que les utilisateurs  sont persuadés que sur le plan sanitaire ce n'est pas une addiction très dangereuse, donc une clientèle nombreuse existe.

    Nous savons que  l'usage de cannabis a des effets nocifs,  pour les plus jeunes sur le plan du développement cognitif, les plus vulnérables ou quand il  est associé à d'autres problèmes, notamment psychiatriques.  Il faut donc cibler davantage les plus fragilisés par cet usage et développer une vraie politique de lutte contre les addictions. De toutes les addictions. Nous devons en  protéger nos enfants.

    Nous savons aussi que la situation actuelle donne une représentation du cadre et de la loi aux jeunes catastrophiques. On interdit mais on ferme les yeux sur ce qui se passe dans certains quartiers. On laisse des jeunes se mettre hors la loi. Sans que la Loi ne soit efficace . Et le nombre de consommateurs continuent d'augmenter. Nous sommes comme dans une roue à Hamster, on s'épuise, on dépense beaucoup mais on ne va nul part. 

    C'est une politique globale qu'il faut penser . C'est pour cela que la légalisation pure et simple prônée par quelques illuminées chantant la gloire de ce produit est irresponsable.

    Quand on est en échec sur un sujet de société, on se doit de chercher des solutions dans l'intérêt de tous.

    TERRA NOVA a ré-ouvert de façon très intelligente  un débat difficile. 

    Aux politiques, aux professions de santé , aux éducateurs de s'en saisir, pour essayer de trouver une issue. Et surtout ne pas se réfugier derrière "il y a d'autres priorités". On est face à un problème sanitaire et un problème de sécurité.  Nous avons besoin d'un cadre législatif bien pensé et intelligent pour une application efficace et des actions efficientes. La vie de jeunes en dépend. Si le ridicule ( de la situation telle qu'elle existe actuellement) ne tue pas,  Le trafic tue. 

  • Antonio DUARTE, président de l'association Grand Paris, s’inquiète des conséquences de l'élection de Patrick DEVEDJIAN à la tête de Paris Métropole.

    Inquiétudes d'Antonio DUARTE président de l'Association Grand Paris sur l’avenir de la Métropole

    Mon ami Antonio Duarte, président de L’Association Grand Paris s’inquiète de l’élection de Patrick Devedjian, représentant pour lui "les banlieues bourgeoises de l’ouest parisien" a la tête de Paris Métropole . grâce à cette élection, Patrick Devedjian co-présidera la mission de préfiguration de la future Métropole du Grand Paris . Pour Antonio Duarte, l'enjeu est pourtant de taille : La Métropole du Grand Paris doit  transcender les clivages géographiques et politiques pour unifier plusieurs strates historiques, sociales et économiques qui ont façonné la capitale et ses banlieues . le Président de la future Métropole doit gouverner dans l’intérêt général . Qu'en sera-t-il d'un président qui a défendu des intérêts contraires au projet de Grand Paris.

    En effet, les craintes d'Antonio Duarte sont étayées par  les premières déclarations de l’intéressé, ne souhaitant pas mettre en œuvre la mutualisation fiscale a l’échelle métropolitaine, refusant toute politique urbaine coordonnée a l’échelle de l’agglomération, et réfutant toute crise du logement en Ile de France.

    Pour Antonio Duarte, économiste et urbaniste, Président de l’Association Grand Paris « La Métropole doit être un espace de débat démocratique et de consensus Républicain autour des enjeux majeurs du Grand Paris et d’une ambition partagée pour construire  une métropole européenne attractive, solidaire et durable ! Nous appelons les Parlementaires a conforter le statut de la Métropole du Grand Paris et ne pas céder aux injonctions de certains élus qui souhaitent conserver une agglomération hétérogène qui reproduirait de la ségrégation urbaine et sociale ! L’attractivité du Grand Paris proviendra d’abord de la qualité de vie retrouvée dans le cœur de l’agglomération et d’un projet ambitieux qui associera les habitants dans l’attente d’une élection au suffrage universel en 2020 pour la Métropole du Grand Paris ! ».

    L'Association Grand Paris a été crée en octobre 2006 dans l’objectif de sensibiliser l’opinion publique et les pouvoirs publics sur la nécessité de créer un Grand Paris afin d’améliorer la qualité de vie de l’agglomération parisienne.

     

     

     

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